MARIE-EVE Dionne - 29 janvier 2008
Malgré que vous ne soyez pas encore rendue à cette étape, ce qui se passe dans la salle de mammographie vous intrigue, voire même vous inquiète à entendre les dires de tante Cécile et de cousine Huguette qui ne cessent de clâmer haut et fort que cet examen relève de la pure torture. J'écris donc cet article à titre de technicienne en mammographie dans le but d'informer les femmes sur ce qu'est la mammographie et surtout dans le but d'expliquer pourquoi cet examen est fait d'une certaine façon. J'espère sincèrement que, par l'entremise de ce dossier, plusieurs questionnements jusqu'alors sans réponse trouveront éclaircissements et que c'est avec un peu moins d'inquiétude, parce qu'elles sauront comment se déroule l'examen, que les femmes viendront passer cet examen qui sauve si souvent des vies.
Qu'est-ce que la mammographie ?
C'est un examen permettant, en termes simples, de voir les différents constituants du sein à l'aide des rayons X. Un peu comme les rayons X nous permettent de voir si un os est brisé dans votre jambe par exemple, les rayons X en mammographie nous permettent de différencier le muscle (pectoral), les glandes et le tissu adipeux (graisse).
Comment se déroule l'examen ?
Au départ, on vous aura fait retirer tous les vêtements en haut de la ceinture et revêtir une jaquette d'hôpital. Dans certains centres, on vous demandera de retirer la jaquette pour l'examen tandis qu'à d'autres endroits, on fera avec, avec l'ouverture vers l'avant bien entendu. Personnellement, je préfère faire retirer la jaquette aux patientes parce que la mammographie est un examen très précis et qu'aucune "fausse-image" ne doit être tolérée par un cordon de jaquette dissimulée sous une aisselle par exemple. Ceci dans le simple but d'éviter des reprises de films qui ne sont pas agréables pour la patiente.
La mammographie comporte une série de 4 radiographies, 2 de chacun des seins. Pourquoi ne pas simplement en faire 1 pour chaque sein ? Parce que les deux clichés pour un même sein sont complémentaires. La première position, appelée cranio-caudale, permet de situer les composantes, à savoir si elles se trouvent plutôt à gauche ou à droite dans le sein. La deuxième position, l'oblique médio-latérale, permet quant à elle de déterminer le niveau des constituants, s'ils sont en haut, au milieu ou en bas du sein ainsi que leurs profondeurs. Par exemple, une masse suspecte pourrait de cette manière être seulement visible sur l'oblique médio-latérale et absente sur le cliché de la cranio-caudale, d'où l'extrême importance d'effectuer les deux sortes de clichés pour chacun des seins.
La technicienne placera votre sein, habituellement le gauche en premier, sur l'espace approprié du mammographe et elle descendra lentement le plateau de compression sur le sein. Pourquoi doit-on absolument compresser le sein ? Quand on regarde un sein, il est facile d'observer que son épaisseur varie beaucoup : d'abord, la partie près du thorax est plus épaisse et le sein s'amincit au fur et à mesure que l'on se dirige vers son extrémité, le mamelon. La compression est donc utile pour de multiples raisons. D'abord, elle permet d'uniformiser l'épaisseur du sein afin que le faisceau de radiations soit aussi efficace d'un bout à l'autre pour traverser le sein. Cela assure donc une maximum de clarté, de précision dans l'image obtenue, la précision étant ce que nous recherchons en mammographie. De plus, la compression assure que le sein ne bougera pas et donc évite les reprises de films reliées au mouvement. Plus encore, en diminuant l'épaisseur du sein par la compression, la dose de radiations attribuée est moindre. En somme, la compression a pour but de toujours donner le moins de dose à la patiente tout en ayant une image la plus précise possible. C'est d'ailleurs le principe de base de toute la radiologie.
Lors de la compression, la crainte numéro un des femmes est de ressentir de la douleur dans leurs seins. C'est une peur bien légitime. La mammographie n'est pas un examen agréable, un peu au même titre que l'est un examen gynécologique. Mais la perception de la douleur est différente d'une femme à une autre. Je pourrais affirmer selon mon expérience qu'en grande partie, les patientes qui sont passées pour la première fois dans une salle de mammo avaient imaginé bien pire que ce qu'elles ont vécu. Certaines ont eu seulement un inconfort au niveau de la peau du cou, puisqu'avec la compression, celle-ci se retrouve fort tendue... d'autres ont été surprises de savoir que l'examen était déjà terminé... Je pense qu'il est important que vous évoquiez vos craintes à la technicienne qui sera en charge de vous et prendre le temps d'établir un certain lien de confiance avec elle.
Une fois l'examen terminé ?
La technicienne vérifiera les 4 clichés. Elle s'assurera que tous les critères pour une bonne mammographie sont respectés. Ensuite, elle vous invitera à quitter. Les photos seront acheminées au médecin-radiologiste qui en fera la lecture et fournira un diagnostic. Finalement, ces résultats seront acheminés à votre médecin qui vous contactera à ce moment.
Il arrive à l'occasion qu'une femme doive retourner passer quelques radiographies supplémentaires. Il ne s'agit pas là que l'on vous a absolument diagnostiqué un cancer. Les seins sont différents d'une femme à un autre, il est d'autant plus difficile pour le radiologiste de dire si un sein est "fait ainsi" ou s'il est pathologique. Quand vous en êtes à une seconde mammographie ou plus, le radiologiste possède les films antérieurs lui permettant de faire une comparaison et de s'assurer que rien n'a changé au fil du temps, chose qu'il n'est pas capable de faire lors d'une première mammo. Comme tout n'est pas noir ni blanc, il arrive que ces derniers demandent des films complémentaires pour assurer un diagnostic sûr. Ne vous alarmez pas si tel est le cas, c'est pratique courante dans le milieu.
Voilà ce à quoi vous devez vous attendre en allant passer votre mammographie. J'espère que ces indications aideront les femmes à mieux affronter l'inconnu. Dans un prochain article, il sera question des mythes entourant le cancer du sein.
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MARIE-EVE Dionne (TournesOL)
Je suis technologue en Radiodiagnostic, spécialisée en mammographie. Maman d'un bambin de 19 mois et enceinte de 7 mois, j'ai fait le choix de rester à la maison pour veiller au bien-être de ma famille. La grossesse et la maternité me passionne.