MARIE-EVE Dionne - 01 décembre 2007
Octobre fut le mois de la sensibilisation au cancer du sein. Partout, que ce soit à la télévision, dans les journaux ou dans certains commerces, cette cause fut mise de l’avant par différents reportages, chroniques de magazines et divers articles en vente dans le but d’amasser des fonds pour encourager la recherche et supporter celles qui ont vécu, vivent ou vivront le cauchemar du cancer.
Ce n’est pas rien. Une femme sur 9 risque d’avoir un cancer du sein durant sa vie, une femme sur 27 en mourra. C’est 429 Canadiennes, chaque semaine, qui reçoivent un diagnostic de la sorte et 102 qui en mourront. Heureusement, le taux de mortalité diminue régulièrement depuis 1993.[1]
Chez les jeunes femmes, c’est le cancer le plus répandu. 34% des cancers diagnostiqués chez les femmes de 20 à 44 ans sont des cancers du sein.
Qui sont les plus à risque de développer le cancer du sein ?
Les femmes âgées sont particulièrement susceptibles d’avoir un cancer du sein. D’ailleurs, le Programme Québécois de Dépistage du Cancer du Sein ( PQDCS ) vise le dépistage chez les femmes âgées entre 50 et 69 ans, puisque c’est dans cette tranche d’âge que nous retrouvons le plus grand nombre de cancer.
Malheureusement, cela ne signifie pas que les femmes plus jeunes ne peuvent pas être atteintes, comme le relatent bien les statistiques ci-haut.
Les femmes ayant des antécédents familiaux de cancer du sein ou de l’ovaire sont aussi plus à risque de développer à leur tour un cancer du sein.
Aucun accouchement ou un premier accouchement après 30 ans, des menstruations précoces, une ménopause tardive sont aussi des facteurs pouvant favoriser l’apparition du cancer du sein.
Comment peut-on prévenir ce cancer ?
Il n’existe encore aucun moyen spécifique qui, hors de tout doute, empêchera une femme de souffrir de ce type de cancer. Or, il n’est toutefois pas impossible de mettre toutes les chances de son côté.
La première chose, bien qu’elle peut paraître simpliste, est d’opter pour de saines habitudes de vie. C’est la base d’une vie en santé, on ne le répètera jamais assez. Manger des aliments sains et variés, faire de l’exercice physique régulièrement et avoir de bonnes habitudes de sommeil font partie du rituel prôné dans la prévention des maladies.
Plus spécifiquement pour le cancer du sein, l’allaitement diminue les risques d’en être atteinte. Or, le temps que doit durer l’allaitement est variable, d’une source à une autre. On parle d’un minimum de quatre mois mais l’effet protecteur serait plus grand lors d’un allaitement prolongé de dix-huit mois ou plus. Le fait d’avoir un premier accouchement avant l’âge de 30 ans serait aussi bénéfique dans la prévention de ce type de cancer.
L’auto-examen des seins : à reléguer aux oubliettes ?
Oui et non. Dernièrement, des professionnels de la santé remarquaient que plusieurs femmes ne faisant pas régulièrement l’auto-examen éprouvaient en quelque sorte un inutile sentiment de culpabilité et qu’en revanche, on constatait un taux plus élevé de « faux positif » depuis l’incitatif à faire chez soi cette pratique.
Sur quel pied devons-nous alors danser ? C’est simple. On ne conseille plus d’examiner les seins selon une méthode précise. Par contre, « connaître » ses seins demeure important. Connaître leur texture, leur couleur, leur forme, sans examen bien approfondi. C’est d’ailleurs ces indices qui changeront si un problème survient. Une rougeur persistante, une bosse nouvellement apparue (puisqu’il existe des bosses qui peuvent faire partie de la physionomie même d’une femme sans être pathologiques), un écoulement nouveau, la peau du sein qui tire, est irrégulière ou qui se rétracte sont tous des signes qui méritent une investigation de la part d’un professionnel de la santé.
Et la mammographie elle ?
C’est le moyen le plus fiable pour détecter le cancer à son stade le plus précoce. C’est pourquoi le PQDCS incite les femmes plus à risque, celles de 50 à 69 ans, à passer une mammographie tous les deux ans. Un cancer trouvé tôt est plus facilement traitable et assure de meilleures chances de survie. Avant ou après cet âge, les femmes ayant des antécédents familiaux ou personnels seront suivies plus étroitement par leur médecin et la mammographie pourrait être prescrite selon les cas.
Dans mon prochain article, je parlerai plus amplement de la mammographie, en quoi cet examen consiste, les fausses peurs véhiculées à ce sujet et je tenterai de rassurer les femmes qui anticipent le passage dans la salle d’examen.
[1] Ces statistiques proviennent de la Société du Cancer. www.cancer.ca
MARIE-EVE Dionne (TournesOL)
Je suis technologue en Radiodiagnostic, spécialisée en mammographie. Maman d'un bambin de 19 mois et enceinte de 7 mois, j'ai fait le choix de rester à la maison pour veiller au bien-être de ma famille. La grossesse et la maternité me passionne.